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La Balade des Seniors au Mont St Michel un après-midi, sympathique, séduisant, et de santé, tout en traversant les tangues et les sables mouvants.

    Il est 15 heures, nous étions un bon groupe d’une quarantaine de randonneurs seniors y compris votre serviteur du blog, effectuant la traversée de la baie du mont Saint-Michel à pied, accompagnés d’un guide très expérimenté « diplômé de l’état »

   Bien sûr tout cela à marée basse, et s’il vous plait pieds nus « obligatoire » Il est 15 heures, c’est le grand départ ce dimanche, tout le monde est ravi de faire cette promenade. Quelques uns ont déjà effectués cette traversée, une distance aller / retour 15 kilomètres. Le guide nous prévient de ne pas divaguer au gré des humeurs de chacun, mais de le suivre, tout en écoutant ses conseils, en résumé obéissance complète. Il est vrai que cela serait la pagaille et dangereux. 

   Le guide est le maître, et responsable de nous tous, alors chut !…

   Le temps n’est guère clément, nuageux, pas de pluie, un peu de vent, et aussi un peu frais. En somme un temps idéal pour la marche, les imperméables sont indispensables quand même. Nous allons découvrir des informations enrichissantes sur le sol qu’est le sable, les microns sédiments que sont les alluvions fluviaux, continuellement brassés par le flux et reflux des marées, mélangées aux coquillages brisés donne naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols. Egalement sur la faune très locale des plantes, des oiseaux, des moutons dits près salés.

   Il faut parler topographie de ce lieu « magique, extraordinaire »

   La baie présente la particularité d’être pratiquement plate et donc sujette à l’envasement (sables mouvants).

   La traversée des grèves de la baie peut s’avérer dangereuse en l’absence d’un guide expérimenté. La traversée de la Sée et de la Sélune n’oppose qu’une maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute zone très plate, qui divaguent de jour en jour. Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères), causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement : on ne peut marcher dans une vase thixotropique, sans être aguerri, car le sol tout à la fois se dérobe sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas.

   Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager ses pieds au maximum, et de nager à la force des bras ; la théorie prévoit que l’on flotte, mais l’hypothermie tue si on ne se dégage pas rapidement. Essayer d’empêcher une personne de s’enliser en la tractant afin qu’elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d’une voiture dans cette situation.

   Par certain endroit la marche devient un peu pénible, surtout sur le sable dur et ondulant, dans les méandres l’eau arrive à hauteur de cuisse avec le courant, là il faut franchir en ligne horizontale en se tenant la main les uns, les autres, et surtout à l’endroit que suggère le guide, ainsi que de marcher en file indienne dans la vase dite la tangue.

   Je remarque des visages crispés, mais à la fois satisfait de marcher ainsi !… Il y a des endroits de parcours où la fatigue se ressent, mais bonne fatigue, puisque c’est une thalassothérapie en quelque sorte d’être jambes nues dans l’eau salée, dans la vase, cela est bien meilleur qu’un massage fait maison.

   Les efforts de tous sont récompensés, puisque voila le mont St Michel, nous sommes face arrière, peu de visiteurs y vont. Nous découvrons une faune sauvage sur cette pente de rocher abrupt et cette vue peu commune sur les vitraux, ainsi que la petite chapelle dédiée à St Aubert « Evêque d’Avranches à qui l’archange St Michel lui apparu » en lui disant de bâtir une cathédrale sur le mont.

   Une pose encas bien méritée, chacun se délasse, et se restaure, et ceci pour une durée de trente minutes. Il faut repartir, parce que nous sommes à mi-parcours, le respect de la marée est impératif. Un arrêt sur ce mont intermédiaire qu’est Tomblaine, pas habité, uniquement une réserve d’oiseaux marins, nous en faisons le contour, puis direction les méandres, et les tangues*, cela se passe bien.

   Puis la berge d’entrée accès au village retour n’est plus très loin, la cadence est ralentie par la fatigue, et ça y est nous sommes sur le sable de plage et sur le sentier de bois qui mène à l’endroit douche pour les pieds, nous avons besoin, la vase est bien collée aux jambes. Le guide regarde sa montre, et nous annonce 5 heures 20 minutes de marche, vous êtes tous contents les seniors.

   Dans une allégresse, tous nous répondons haut et fort : OUI et merci monsieur le guide.

   Sur ce je vous laisse, et vous souhaite bon retour chez vous, et peut-être à une prochaine fois.

   Excellente promenade découverte, fortifiante, jouvence de santé, recommandée pour tous, petits et grands, et principalement pour les seniors, une ballade à faire au moins une fois dans sa vie, bien sûr avec un guide expérimenté.

Prescription : N’osez jamais de tenter l’aventure seul, ou bien à plusieurs, sinon votre vie sera en grand danger !

 

*sable vaseux et calcaire qui se dépose sur certains estrans.

( ” sables mouvants ” )

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